Jérôme Gillet

du 2 septembre au 1 octobre

du mardi au dimanche de 14h30 à 18 h
 
     

 

La fréquentation des institutions artistiques n’est pas dénuée d’intérêts. Elle permet d’accumuler un certain capital culturel et social. Les salles de sport et les stades sont des lieux de célébration du culte de la force physique. Sur le marché social, le capital culturel tout comme le capital corporel peuvent être directement convertis en plus-value pour le sujet.  

Le profit de distinction chez Bourdieu, ce que Nietzsche appelle la volonté de puissance, fait que chaque individu veut se sentir différent des autres. Etre différent, c’est être plus fort, plus rapide, plus beau, plus logique, plus cultivé, plus riche… Cette différence peut amener à se sentir meilleur, voire même unique, et entraîne souvent les hommes dans d’incessantes rivalités et luttes de pouvoir.

Parce qu’une œuvre n’est jamais accessible directement et entièrement, il y a toujours un rapport de force entre l’œuvre et le spectateur. Comme les sacs de frappe peuvent être touchés, frappés, ils incitent le spectateur à se rebeller contre cette position dominante que peut avoir l’œuvre sur sa personne. Ici, l’œuvre d’art, plus accessible par sa fonction, permet également au spectateur de transgresser les codes intrinsèques au champ artistique.

Que ce soit contre les idées des autres ou contre nous-même, nous combattons au quotidien. Les sacs de frappe « symbolisent » cet Autre. Celui avec lequel on s’entraîne, on se touche, contre lequel on se bat, on se confronte, …

Sur le sol, des formes géométriques tracées au large Tape coloré, viennent délimiter « arbitrairement », dans l’installation, à la manière de terrains de jeux, plusieurs espaces de circulation possibles pour le spectateur. Celui-ci peut cependant franchir à sa guise, les limites symboliques de ces aires de jeux.

Par sa simplicité apparente, son aspect ludique et coloré, l’installation vise autant les enfants que les adultes.

« Celui qui comprend quelque chose aux cris d’un enfant, celui-là sait que d’autres forces psychiques que celles que l’on reconnaît habituellement, des forces redoutables, y sommeillent . Une souffrance et une rage profondes, et le besoin de détruire. » L. Wittgenstein

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