Du vent dans les girouettes
Des créateurs contemporains inspirés par l'air et le vent

du 9 mars au 30 avril 2008
Maison de la Culture Famenne-Ardenne


Accès gratuit du lundi au vendredi de 10h00 à 18h00, samedi et dimanche de 14h00 à 17h00.
Nocturnes les 19 mars, 9 avril et 24 avril: ouverture de l’exposition jusque 22h00.
Fermé les 23 et 24 mars. Ouverture et vernissage le samedi 8 mars 2008 à 18h00 avec une visite guidée théâtralisée (3€ ou 1 chèque culture)
   

     


Installation
à la Citadelle
de Montmédy, 1997

 
Jerry Frantz

Cet artiste provenant du Grand Duché de Luxembourg (Esch-sur-Alzette, 1955) a suivi sa formation à l'Académie Royale des Beaux-Arts à Bruxelles et à l'Ecole Supérieure des Arts Appliqués à Paris.
Il s'intéresse aux mouvements aléatoires du vent et aux différentes formes qu'il sculpte dans la toile. En 1997, le vent battant sur la citadelle de Montmédy avait déjà inspiré Jerry Frantz dans son travail.

« VOL-AU-VENT
Faites 1 litre de feuilletage, avec 500 grammes de beurre, 500 grammes de farine et 100 grammes de sel.
Donnez 6 tours et abaissez d'une épaisseur de 1 centimètre et demi.
Ayez un couvercle de casserole de la grandeur du fond du plat sur lequel vous mettrez le vol-au-vent.
Posez le couvercle sur le feuillage, et coupez tout autour avec le petit couteau pour former le vol-au-vent.
Retournez-le et posez-le sur un plafond.
Dorez-le dessus sans dorer le bord.
Faites une incision d'un demi-centimètre de profondeur à 2 centimètres et demi du bord, pour former le couvercle.
Mettez la mie que vous retirez sur la table.
Levez-la en feuilles d'une épaisseur d'un demi-centimètre.`
Dorez et posez les feuilles à l'intérieur du vol-au-vent pour garnir le tour.
Passez 5 minutes à la bouche du four.
Mettez le vol-au-vent sur le plat et garnissez-le d'un ragoût à la financière ou d'une béchamel de volaille.
Ayez 4 grosses écrevisses que vous posez en croix sur le dessus. Placez une crête de coq entre chaque écrevisse et un gros champignon pour décorer.
Servez.

Saviez-vous que ce plat fut le met favori de la Reine Marie-Antoinette (qu'elle cuisinait elle-même assez souvent)
C'est pour cela que ce plat est aussi nommé BOUCHEE-A-LA-REINE. »
(Jerry Frantz)


 
   


Sans titre, boîtes aux lettres en fonte d'aluminium, eau,
générateurs de fumée
2007



 

Frédéric Gaillard

« C'est le principe des vases communicants : pendant que se succèdent les campagnes de revalorisation en faveur de la recherche scientifique, les pratiques artistiques explicitement liées aux sciences se multiplient. Toutes ne se chauffant pas du même bois, l'art contemporain hérite pêle-mêle d'une descendance bigarrée et captivante, issue de Léonard de Vinci et passant par Marcel Duchamp. Mais depuis Dada, on n'arrête plus le progrès : la machine s'emballe. Impossible ici de citer toutes les disciplines, mais les classes de physique (László Moholy-Nagy, Jean Tinguely, Alexander Calder), de cybernétique (Nicolas Schöffer), de mathématiques (Sol LeWitt), d'électronique (Nam June Paik) ou d'informatique (Vera Molnar) font toujours salle comble. Sur le campus, on croise de jeunes artistes en sciences appliquées comme Olafur Eliasson, Carsten Nicolai, Carsten Höller, ou nos compatriotes Ann-Veronica Janssens, le peintre Marcel Berlanger et le collectif bruxellois lab[au] : précis, logiques, technoïdes. En milieu de terrain, un groupe d'ingénieurs-plasticiens bien inspirés et, oserait-on dire, poétiques : parmi eux, notre Panamarenko national, Rebecca Horn, ou encore Arthur Ganson. En électron libre, on croise le capitaine d’industrie Wim delvoye au volant de sa Cloaca. Et puis là, au fond de la classe, près du radiateur, il y a les savants fous, les iconoclastes vraiment allumés mais très perspicaces: le suisse Roman Signer, par exemple, ou encore les très belges Gwendoline Robin et Frédéric Gaillard.
Nous y voilà : cette arborescence un peu laborieuse, incomplète et partiale, nous amène enfin à ce bon Fred. Druide chimacien, et donc probablement tombé dans une marmite de houblon quand il était petit, Frédéric Gaillard développe depuis une bonne dizaine d'années son sens aigu de la chimie amusante dans une oeuvre très personnelle : un mélange de système D, de cuisine quatre étoiles, de plomberie artisanale et de comédie tragique. Combinant des matériaux plutôt familiers dans des postures inattendues, les processus expérimentaux de Frédéric Gaillard se montrent à la fois ambitieux et dérisoires: ils fonctionnent efficacement pour eux-mêmes, semblent utilement préoccupés de leur sort, et leur discrétion nous intrigue. L'effet produit est autant impressionnant qu'ironique : l'humour parvient d'abord à nous duper, en masquant sous la farce une dimension bientôt pathétique. Ses habiles démonstrations, par leur côté low-tech, semblent souvent sur le point d'échouer. Et pourtant, non. Elles fonctionnent et bouillonnent, haletantes, toussotantes, produisant buée, rosée ou fumée dans des mouvements suspects, mais bel et bien réguliers. Le temps qui s'écoule est un facteur décisif. Même statiques, ses objets ou installations ont l'air de couver quelque chose, de macérer ou de fermenter. On s’inquiète.
J'écoute maintenant la radio. Interviewé par Jean-Pierre Jacqmain dans "Matin-Première", Albert Jacquard, en grande forme dès l'aube, lâche cette phrase de but en blanc : "La science, c'est la loyauté vis-à-vis du réel". Hum. En l'occurrence, Frédéric Gaillard est un gars super-loyal. Pas de camouflage. Il n'a rien d'un magicien : il teste en laboratoire, il peaufine, il rumine son plan avant de le dévoiler. Mais même si il laisse apparaître les moteurs rotatifs, les poulies et les pompes à air, il reste un mystère : celui du réel, justement.
Sur les beaux croquis de son installation pour le musée Ianchelevichi de La Louvière, un homme invisible semble faire les cent pas, cigare au bec. Pour corser le tout, un dispositif devrait diffuser une odeur de Whisky dans la pièce. Comme pour d'autres projets, Frédéric Gaillard me décrit d'un ton soucieux les graves difficultés techniques qu'il doit surmonter, et je me régale d'emblée de ses confidences exclusives… À force de défier la science, les lois de la physique jouent en sa faveur : si il doit faire machine-arrière et que ses cigares au whisky tournent en eau de boudin, ça marche déjà tout seul, rien que d'en parler... »
(Marc Wathieu, septembre 2007)

>> Site de l'artiste: http://www.fredericgaillard.be


 
     

Installation
à l'Ancienne Chapelle
de Virton, 1997


  Cathy Peraux

Plasticienne, styliste, costumière, observe avec curiosité les tentatives de codifications corporelles, inculquées ou imposées.
Elle aborde le corps et son langage sous divers aspects, tels la parure associés aux réseaux sanguins, aux systèmes nerveux, celui de la robe volante liée aux rêves, ou encore le rapport entre le symbole féminin, l’emballage et l'interdiction du toucher.
Depuis la fin des années 90, Cathy Peraux invente, met au point, perfectionne un matériel autonome et spécifique pour envelopper le vent et le regarder faire voler des formes vestimentaires légères. (Cathy Peraux)




 

Capture de la vidéo
"Une journée à la mer"
Ostende, 2006


 
Gauthier Pierson

« Pour Gauthier Pierson, pratiquer de l'art est affaire de jeux et d'interactions avec le contexte offert. Non sans humour et discrétion, il étend des territoires d'expérimentation, en mêlant des préoccupations qui ont tout à la fois trait à l'esthétique, au sensible, mais aussi à des questions existentielles, à des envies relationnelles. Un principe de base de ses interventions est la recherche d'une pose d'artiste ajustée à l'environnement qui l'accueille. Ici, la performance, l'installation, la photo-graphie, la vidéo, le dessin, ces diverses formes adoptées par Gauthier Pierson sont tant les supports de préoccupations artistiques que et surtout, des exercices réguliers pour l'entretien du corps, de l'esprit et d'une certaine relation d'échange avec le monde. L'art de cet artiste, souvent à la lisière du matériel et volontiers interactif est profondément ludique. Au-delà d'une joute consensuelle, sa démarche s'inscrit dans une perspective d'épanouissement individuel et d'autonomie. » (Véronique Depiesse)

La vidéo
« Une journée à la mer », pour laquelle il a reçu le Prix du Luxembourg - Arts Plastiques en 2007, figurera dans l'exposition.

>> Lien vers la vidéo "Une journée à la mer"
>> Fichier de la vidéo (compressé en Zip)


         
     
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