Jean-Jacques Pigeon (France) - installation

Site bas de Montauban-Buzenol (Etalle)

A partir du 5 juillet 2009
Accessible en permanence
 
 

« Ma recherche artistique s'appuie pour une large part sur le végétal, je cherche à travers ce motif qui n'est qu'un prétexte à réenchanter le monde. Ici, à Montauban, je veux faire une nouvelle expérience de ce réenchantement. Baignés, ceinturés par les végétaux, les ruines des halles à charbon, magnifique construction de pierre, s'imposent mais montrent leur fragilité quant à leur pérennité, alors que tout élément végétal semble sans cesse renaître, exprimant ainsi la métaphore du temps.
Cette dualité entre le minéral agencé par l'homme et le végétal qui se moque des contraintes humaines est à l'oeuvre dans cette réalisation.
Des branches et des brindilles, ramassées dans les environs du site haut et bas constituent les éléments de base, tels des modules organiques pour un dispositif qui se veut éphémère. Tous les morceaux de bois sont peints un par un dans une teinte rouge orangée. Je souhaite par cette couleur qui vient en contrepoint du vert végétal très prégnant de l'entour, vienne rappeler le rôle fondamental, social et économique, du feu en ces lieux. Disposées sur l'arête des murs, dans les parties les plus hautes, les branches et brindilles, en rangs très serrés, forment comme une ligne-ceinture végétale incandescente pour ces halles en partie détruites mais ô combien vivantes dans la mémoire collective. Tels la crête ou le panache d'un animal, la grande forme des halles à charbon, pétrifiée par le temps, menacée en permanence par une végétation qu'il faut domestiquer, retrouve-t-elle une vivacité qui inaugure de nouvelles activités humaines dont elle sera témoin.
A l'intérieur du plus grand espace, avec plus de discrétion, une forme noire figure de manière aplatie une faulde, ce cône de bois que les charbonniers appelés les fauldeurs, réalisaient à l'époque où la métallurgie nécessitait en ces lieux l'usage de beaucoup de charbon. L'agencement des brindilles noires, fixées sur le mur d'un des pignons de la halle est comme l'empreinte de cette forme qui était si récurrente dans les environs.

C'est en questionnant le passé, en prenant en compte le présent et en pensant à l'avenir que j'élabore cette réalisation. Subjugué par la puissance de l'édifice dans son écrin de verdure, je veux ici faire dialoguer le minéral du construit avec le végétal de l'entour, hier avec aujourd'hui et demain.»

Jean-Jacques Pigeon, 2009

 

 

 
 
 
 

 

     
 
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