Guy Vandeloise - Sculpture
Guy Jungblut/ François de Coninck - Miscellanées


Bureau des anciennes forges de Montauban-Buzenol


Du 2 au 30 août 2009
Exposition accessible du mardi au dimanche de 14h30 à 18h00 et sur rendez-vous

 

© photos: D. Fouss (détail)
 

Guy Vandeloise

"C’est de mon rapport puis de mon dialogue avec des branches d’arbres trouvées ici et là que naissent mes sculptures. Elles donnent à voir des parts de l’être insoupçonnées qu’il me reste, révélées, à reconnaître comme miennes."

Guy Vandeloise


 

   



Le ciel vu
de Gingelom,
le 23.09.2006 à 11h20


Le ciel vu
de Houte-si-Plou,
le 10.07.2006 à 16h20
© photos: G. Jungblut

 

Guy Jungblut / François de Coninck

Ciel ! Mon pays /// Le ciel vu de Belgique

Ciel ! Mon pays est un projet en chantier, un chantier à ciel ouvert, un ciel ouvert avec la complicité ludique de Guy Jungblut. Sous la bannière ironique et onirique du ciel vu de Belgique, la démarche poursuit une visée plastique, poétique et politique.

La Terre vue du ciel, La Belgique vue du ciel, La Wallonie vue du ciel, La Flandre vue du ciel : la série prouve l’efficacité d’une recette et sa rentabilité sur le marché lucratif des béatitudes contemporaines. Certes, négligemment mis en évidence sur une table basse dans les salons des maisons bourgeoises, ces ouvrages font preuve d’une efficacité décorative incontestable. Mais à force, cette invitation à la contemplation ronflante de notre patrimoine finit par agacer : dans le genre, on se la joue un peu de haut. D’où le désir d’inverser la vapeur et de redescendre sur terre : le nez par terre et les pieds dans le ruisseau, mais en relevant la tête entre deux averses, le temps de prendre, de certains point de vue, des clichés du ciel bruxellois, wallon et flamand.

On se rappellera la place de choix que l’état du ciel tient en Belgique, quelle que soit la région de la langue dans laquelle on aime cultiver ses inquiétudes. La course du ciel se fout royalement des frontières linguistiques : son indifférence au jeu des forces terrestres est sans bornes. Il n’en reste pas moins que, dans ce pays où j’ai appris à marcher en regardant mes pieds, une attention particulière aux considérations que drainent les humeurs du ciel invite à prendre soin de cet inépuisable lieu commun, dans quelque registre qu’on puisse le décliner – la science des augures n’étant certes pas le seul à retenir ma curiosité. Un lieu commun ? La belle affaire ! C’est bien ce qui semble nous manquer, par les mauvais temps qui courent, pour vivre ensemble dans ce petit royaume, ici-bas.

Côté images, Ciel ! Mon pays s’inscrit dans la tradition de la photographie conceptuelle des années septante. Mais elle ne se réduit pas à une démarche esthétisante, tablant sur l’efficacité plastique d’une enfilade de ciels photographiés à la verticale. Car c’est dans le contre-champ de ces prises de vue que le projet prend tout son sens. Le choix des lieux qui forment autant de points de vue du ciel de Belgique sert ici de levier à une sorte d’état des lieux : de leur présence en creux dans les légendes qui accompagnent cet état des cieux, la réflexion puise son principe et sa matière. Car c’est bien dans la mise en tension du champ et du contre-champ que réside tout l’intérêt de l’affaire, dès lors que le pari est d’opérer chez le lecteur un double déplacement du regard – au sens propre comme au sens figuré – en tirant un fil invisible entre lieu commun et lieux singuliers.

Côté texte, l’écriture puise son inspiration formelle dans l’infinie variété des nuages, tout en appliquant le principe de la condensation à des humeurs bien terrestres, mais non moins variables que les humeurs célestes. Il me plaît d’autant plus de tremper ma plume dans ce ciel d’encre que, contrairement au flamand et à l’anglais qui distinguent, l’un de hemel et de lucht, l’autre the sky et the heaven, à l’horizon de la précieuse langue française, notre unique ciel n’est jamais complètement dégagé de quelques divines traînées sonores. Juste Ciel ! il faut donc conter avec la langue et ses bigoteries. Car in fine, c’est bien elle, le pays qu’il s’agit d’arpenter ici – ce terreau humide où pousse, mousse, aime et meurt la piante uomo.

François de Coninck

     
     
     
 
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