Cette exposition automnale sera, pour Daniel Daniel, un pas important, concret, vers la complétion d’une boucle tracée par un jeune vieux rêve, celui qui a infusé et l’a inspiré tout au long de son parcours créatif. Adolescent, il fabriquait déjà de ses mains un train fantôme, avec son frère, dans le jardin familial. Depuis, l’univers forain, en général, et surtout ce type de trains et les funhouses n’ont cessé de hanter son travail. Y entrent, y transitent et s’y découvrent, se tenant par la main tels des enfants effrayés ou fascinés, la peur et le (sou)rire, le saugrenu et le sérieux, le naïf et le recherché, le drôle et le cruel, l’usuel et le monstrueux, le sincère et le simulé, des lumières dans l’obscur, des couleurs sur fonds ténébreux, et un humour vital incorporant notre destin de macchabées. À la Maison de la Culture d’Arlon, la salle d’exposition deviendra un décor profondément sombre. Sculptures, peintures, objets étranges ou cinétiques, illuminés de lumière noire, surprendront les visiteurs par des bruits incongrus ou des tournures bizarres, au fur et à mesure de leur avancée dans un circuit labyrinthique. Depuis les parois ou le sol, en silhouettes ou en clarté, les œuvres les accueilleront, les scruteront, suscitant en eux les mêmes réactions et émotions que s’ils avaient été amenés à être les protagonistes d’un songe inquiétant, d’un cauchemar amusant, ou d’un jeune vieux rêve.
(Alain Renoy)
Né en 1958 à Bruxelles, Daniel Daniel, alias Daniel Lannoy, habite Virton et y explore les dédales de sa créativité (où se croisent peinture, sculpture mobile ou non, gravure, son, film, musique, animation…).
Daniel Daniel :
www.danieldaniel.be